Les archives de ce blog sont à voir sur "Sapristi Balthazar over-blog.com"

lundi 29 février 2016

Là, c'est moi (5)





Là, c'est moi, j'ai entrepris pour me désennuyer un peu une série d'autoportraits. Je m'impose une règle : j'use d'un petit appareil jetable en carton,
Je ne dispose que d'un "shoot". Il me faut attendre la fin de la pellicule et le développement pour juger de la qualité du cliché. Je vis alors les délicieuses angoisses et les doutes savoureux de l'artiste contemporain. J'imagine même l'éventualité d'une exposition au  château de Oiron qui ne répugne jamais à explorer la création dans ses plus extrêmes replis

Mais je me heurte à cet obstacle mou : comment achever une oeuvre aussi considérable ? 
J'abandonne comme j'ai délaissé la cornemuse et je me consacre au banjo et à Bach sur un "cinq cordes " comme celui-ci,


Pas un "quarte cordes" comme celui-là
Le banjo a de ces mystères !!!

L'ennui, pour jouer bien du banjo c'est qu'il faut porter des chaussures bizarres...


Et ça c'est au-dessus de mes forces

Le temps passe dans le jardin, et semble-t-il plus vite encore là-bas, au fond, derrière les bambous,  au pied du mur, exactement à 63 cm du bord de la petite rivière qui file vers sud-sud-est, nord-nord-ouest... en gros.

En gros c'est là à côté du caillou.


J'adhère à la fédération anarchiste et je vais à Yeu sur la tombe de Pétain pour réaliser ce magnifique autoportrait d'une haute technicité et d'une folle dérision. 
C'est alors que je commence à me foutre de tout .




Pour finir je pose les bases du "rienafouting" qui s'appuient sur quatre guibolles


Un p'tit dernier pour la route ?






Par les temps qui courent


Balade en cars avec Joël Jameau


dimanche 28 février 2016

Par les temps qui courent


Là, c'est moi (5)


Là c'est moi ( à droite, pas à gauche). Je suis au boulot avec mon pote journaliste allemand. On picole à corps perdu, surtout lui. Le Teuton biberonne avec rage, de surcroît il avait de bonnes raisons d'être malheureux.   
On écoute Martin Kolbe en boucle, pas besoin de fumer ces machins qui puent le vieux tee-shirt mal séché pour décoller.



L'aventure a changé de visage, l'épisode des flâneries africaines est clos. Le taxi brousse est parti, je suis resté.

Je suis passé à autre chose, je commence à cotiser pour ma retraite, et même je paie des impôts ce qui me sidère !
Mais, toujours des trucs bizarres traversent ma tête. Par exemple, pendant un temps je cherche à mettre les plus grosses choses dans ma bouche. Evidemment cela étonne.
J'adopte le petit gilet de laine tricoté par des mains aimantes.  



Je me rappelle une boule de billard qui passa bien dans un sens mais fut rétive lors du voyage de retour. 
Chasser l'ennui à tout prix.
J'ai même joué un temps de la cornemuse... c'est dire.


Histoire vraie (4)


samedi 27 février 2016

La phrase romanesque

Il y a des choses qui ne changent jamais, par exemple un chagrin d'amour est aussi douloureux aujourd'hui qu'au moyen âge ; et internet ne change rien à l'affaire.
(Balthazar Forcalquier)

Histoire vraie (3)




mercredi 24 février 2016

Histoire vraie (1)


Là, c'est moi (4)




Là c'est moi, je suis parachutiste colonial.  Pouët, Pouët & Cie.  Je viens de sauter. Et j'ai atterri, contre toute attente. J'ai eu peur. Mais j'ai passé la porte. Ce fut une naissance. Plus personne, jamais, ne  me dira ce qui est bien. Grâce aux paras des graines anarchistes ont été semées... en dépit du salut aux galons. J'apprends des choses essentielles : fumer des gauloises bleues, boire de l'alcool, faire bouillir les culasses du fusil dans le casque lourd pour en retirer toute la graisse, pincer avec les dents les détonateurs sur les mèches Bikford. 



Le drapeau, la nation, le chef, toutes ces conneries ne sont plus rien. Celui qui a passé la porte de l'avion devrait avoir appris cela. Alors je dessine des dessins sur la peau des soldats de chambrée, et ils vont se faire tatouer selon le trait : un serpent qui arpente un glaive, parfois un galion dans le dos... Comme moi ils ont souvent décollé et jamais n'ont atterri.
Brevet N° 349663.


Voilà un chant qui m'a toujours plu, contre toute attente. "On s'en fout ! " Cette belle philosophie, elle m'allait comme un gant. J'étais déjà très doué pour le "rienafouting".




Avec mon pote, mon alter ego, je deviens bûcheron en Ariège. C'est une belle aventure. J'ai des envies furieuses de me rouler nu dans les feuilles mortes et je veux mordre les grumes. Des chênes basculent. On fait des trous dans les futaies. On se dit que bûcheron, c'est le meilleur métier pour voyager.
Nous allons parce que c'est lui et c'est moi. J'ai toujours une chemise à carreaux sur le dos. 
Comme diraient les paras, nous sommes "tels les chats maigres".
J'aime pas les chats.

ça va mon vieux Riton ?




En route pour la maison de retraite




mardi 23 février 2016

Là, c'est moi (3)


Bon, le temps avance, mais avec une lenteur atroce ... Il ne se passe strictement rien. J'arpente cette existence sans lassitude, sans passion, je ne lis rien, je ne fais rien, je mitonne à petit feu. Je redouble les classes aussi souvent que possible. Je parviendrai à trois ans de retard... une prouesse pour l'époque.
Quand on me demande ce que je veux faire de ma vie...Je souris bêtement.





 Mais ce n'est pas triste du tout. Un jour tout change, je découvre le dulcimer. Personne ne sait ce que c'est et alors je commence à intéresser les filles
Remarquez la chemise à carreaux.



 Là, c'est moi, je deviens annonciateur façon Saint Jean Baptiste, j'ai un pull tricoté façon "grain de riz" bleu roi. J'annonce la bonne nouvelle, façon :" enfin un truc m'intéresse". Certes mon père aurait préféré que ce soient plutôt des équations à trois inconnues... Mais personne n'est parfait.

Remarquez la chemise à carreaux.



 Je deviens incollable sur Woody Guthrie dont je vais acheter les disques après avoir accompli des prodiges d'économie, de beaux albums Folkways à la pochette de carton épais ; elle se déplie et offre les paroles en anglais traduites en français. J'apprends par coeur les chansons. 
 
Cet album fut le premier 

Je fais des progrès fous en anglais même si le prof ( il s'appelle Roy)  s'échine à nous faire traduire " n'eut été sa rougeur on n'aurait pas su qu'il mentait" il est quand même un peu épaté mais tout cela n'est guère académique "  je vous mets 3 3/4". Parce que cette nouille notait en quart de point.
Je réplique :
"My stack of gold dollars I wasted away
And I lost about ninety nine  poor boy".

J'en sais rien. Viens


Bach fait avancer le bordel

C'est là que ça ce passe, tout est vrai.
Il ne faut pas lui casser les ... burnes à Bach, il a l'épée facile.
Mais yo man, Bach, je le kiffe.
Et puis il aime le vin, on a retrouvé des factures. Oh cousin ! Tu verrais les montants de ouf !
https://www.dailymotion.com/video/x2ia92f_avner-et-bach_fun

lundi 22 février 2016

Là, c'est moi (2)





Dernier des cinq, loin derrière, je suis né fortuitement. J'en ai conservé le goût immodéré de l’impromptu et du vide. J'étais seul dans cette multitude. C'est excellent la solitude pour l'imagination. Pendant quelques étranges années marocaines, j'allais entre des montagnes de cumin dans le souk et les allées d'un immense jardin clos de hauts murs.  . 

Là, c'est moi qui danse tout rempli de pas grand chose, et j'aimais déjà le chant du muezzin.  






A l'école je copiais sur mes voisins surtout en cours d'arabe, je ne comprenais rien à rien. J'étais nul... On s'y fait très bien.

Là c'est moi à Blois, j'ai adopté le pull de laine qui va me faire quelques décennies et la chemise à carreaux. A l'époque je ne sers pas à grand chose, il faut le reconnaître. Je passe mon temps à tenir des trucs pour mon père, des bouts de ferraille sur lesquelles il cogne, des linteaux de bois verticaux, des fausses portes en plexiglas pour décrocher un permis quelconque. 
Il n'était pas difficile de me photographier, j'étais la plupart du temps immobile. Bien sûr je ne savais rien des filles.


Cette photo qui vient est intéressante parce qu'on voit les rideaux chez nous. Je n'ai jamais su si ma mère, et parfois mes sœurs, s'habillaient avec des rideaux, ou si ce sont leurs robes qui inspiraient ensuite les rideaux.

J'ai un regard spécial...A l'époque je fumais du thé et dormais peu.



Magouiiiiiiille blues


Un cadeau si pur


dimanche 21 février 2016

Là, c'est moi (1)



Aussi loin que je me souvienne j'ai toujours aimé les chapeaux qui ne servent à rien


Par exemple, là,  je porte un élégant couvercle de cocotte. 
Vous me direz que l'on approche là les rives un peu intimes. Oui, c'est l'objet de cette rubrique qui va dévoiler des événements de mon existence quand j'étais bizarre. On peut constater que cela a débuté assez tôt. Mais une chose me taraude encore... Qu'est devenu ce magnifique slip ? ( on verra que les motifs des tissus ont ponctué mon étoffe personnelle, au moins autant que les chaussures Paraboot ).



Ah toujours François


samedi 20 février 2016

On the road again

Bien au-dessus de Pont de Monvert, entre des cailloux, et du porridge au menu, c'est fou que nous mangions comme porridge ! 

La phrase romanesque

Je me demande : quand un trou noir a mangé un autre trou noir, est-ce qu'il reste sur sa faim ; et aussi combien de temps faut-il pour digérer un trou noir ( à quelques millions d'années près)?
(Balthazar Forcalquier)

La vie c'est bien bandant




mercredi 17 février 2016

Lui c'est Ahoui


Il s'appelle Joël Jameau, mais je l'appelle Ahoui parce que souvent sa phrase préférée c'est "gmufr" ou "heurme" ou parfois un soupir. Ce n'est pas le genre bavard qui parle pour ne rien dire, il s'exprime en faisant des moues (voir photo). Celle-ci veut dire par exemple " alors tête de con, ça t'emmerde que je sois le roi ! " Forcément la traduction est approximative, mais le sens général est respecté.
Ahoui joue de la guitare, il connaît au moins... cinq accords. Il écrit des chansons qui émeuvent ou font rire. Il invente des musiques qui sont toutes des tubes, les airs vous entrent dans la tête et s'installent pendant une grosse journée. Il m'est arrivé de me réveiller en pleine nuit avec ça dans la tête...  


y a des fois j'ai envie de l'étrangler.

Ahoui est très serviable. Il a le coeur sur la main et cuisine très bien. Pour ses potes il se met en quatre.
Des fois quand on s'y met tous les deux (lui et moi) on fait une belle paire de cons. On pourrait faire trembler une civilisation.
On l'aime beaucoup. Si on ne le connaissait pas il nous manquerait.
On peut trouver ici quelque unes de ses chansons :
https://www.youtube.com/results?search_query=jo%C3%ABl+Jameau


Joël Jameau, demain soir vendredi 19 h 30 au café des arts : toutes ses chansons avec son pote Bela Pari et Bettina Alvari

Cela est aussi une affaire qui me regarde


mardi 16 février 2016

Ici et pas ailleurs


A Thouars, une vitrine fait la promotion du Duhomard le délicieux apéritif local auquel Daniel Fouchereau a consacré une étude complète *. Ce qui est remarquable c'est qu'en vitrine les verres ont été remplis comme si l'on attendait un(e) ami(e). Cela n'a l'air de rien mais ce détail est révélateur de l'esprit Thouarsais : la meilleure des choses n'a de saveur que si on la partage. Une bouteille de Duhomard c'est bien, une bouteille de Duhomard ouverte c'est mieux.
C'est autre chose qu'un verre de lait, pas vrai Bressuire ?

*




Ceci est une affaire qui me regarde



Par les temps qui courent


lundi 15 février 2016

monty python le ministère des démarches ridicules


Encore raté


Alors lui... A sa naissance sa mère est morte d'hémorragie. De chagrin son père s'est noyé. A l'orphelinat, parce qu'il sentait mauvais des pieds, il n'eut pas d'amis. Comment embrasser une fille ? Il s'est toujours posé cette cruelle question sans trouver de solution. Alors on l'embaucha sur une base aérienne. Et ses muscles levaient 200 kg de mort concentrée. Et parfois aussi des réceptacles de gaz, ou de napalm. Le soir il dormait seul et ses rêves étaient banals. Il est mort renversé par une voiture qui a filé. On n'a jamais su qui conduisait. 
Et... sur sa tombe le graveur a fait une faute d'orthographe à son nom.




Par les temps qui courent


Joël Jameau : chansons sans manière

 Il écrit des chansons qui font rire. Il chante " j'ai perdu ma mère au poker, c'est Alfredo qui l'a gagnée, c'est mon père qui va être contrarié ". Il chante sans méchanceté les cocasseries du monde et fait toujours mouche. Parfois il se fait plus amer et chante les cruautés de l'époque. On ne s'ennuie jamais avec Joël Jameau. Ses chansons sont sans manière. On s'amuse et l'on est bercé.
On pense un peu à François Béranger, à Brassens, à Louki en l'écoutant.
Il chantera en compagnie de son vieux copain Bela Pari, multi-instrumentiste Hongrois et Bettina Alvari ( guitare classique). C'est un concert rare qui s'annonce ce vendredi 19 février au café des arts de Thouars, à 19 h 30. Entrée gratuite.

dimanche 14 février 2016

Une affaire personnelle


Marcel le dur des durs était triste

Ancien des Bat'd'Af Marcel aurait pu facilement devenir l'un de ces bélîtres qui frottaient les zincs des comptoirs en quête d'une absinthe offerte. Mais Marcel avait compris à 14 ans qu'il fallait combattre le monde quand son patron l'assomma d'un coup de pioche parce qu'il avait omis de fermer l'enclos des brebis. Le soir même il prit la route après avoir mis le feu à l'étable qu'il avait préalablement vidée d'animaux. A Paris il rencontra les anarchistes, on disait alors les individualistes, ceux qui pensaient que la révolution commençait avec eux : pas de tabac, pas d'alcool, pas de viande. Une hygiène de vie stricte et une volonté d'acier. Il lut beaucoup dans la maison de Romainville, rue de Bagnolet, Proudhon, Bakounine, Grave ... A l'heure de la conscription, comme il était fiché, l'état honni l'envoya à Tataouine au 4e bataillon d'infanterie légère d'Afrique. On lui apprit à couper les oreilles des prisonniers et à se soumettre. Il fit son temps dans cette magnifique école de bêtise et apprit la dissimulation. Il sortit la rage au coeur. Il n'avait plus le goût des douceurs, il ne remit jamais les pieds  au "rayon de soleil" la villégiature de Châtellaillon où les libertaires se baignaient nus et où les couples étaient libres, sans propriété aucune, pas même celle du coeur. D'ailleurs le vieux Albert Libertad ne frappait plus les agents avec ses béquilles, il était mort. Mort d'infection à l'hôpital où un passage à tabac de flics suisses l'avait envoyé...

Marcel avait acheté trois brownings qu'il portait toujours sur lui : un à la ceinture derrière, l'autre sur le coeur, le dernier lié au-dessus de la cheville.

Sa vie comme son âme s'était alourdie.

Il cambriolait le bourgeois et cassait tout dans les cossues villas à colonnes. Comme l'écrivit plus tard Georges Darien "le voleur fait un sale métier mais au moins il le fait salement".
Parfois Rirette Maîtrejean et Viktor Lvovitch Kibaltchitch ( qui plus tard prit le nom de Victor Serge) lui offraient un matelas dans leur minuscule deux pièces encombrées de deux fillettes gaies. Il fit quelques braquages en compagnie de Marius Jacob , lequel offrait tout son butin à la cause (anarchiste).
On ne lui connut jamais de compagne. Il était seul, toujours. 
Capturé, il répondit au juge qui lui demandait son identité :
-" je suis un en-dehors".
Il monta les marches où l'attendait Anatole Diebler l'homme aux quatre cents têtes.

Il bascula, la lame glissa. Dans l'osier il cligna onze fois des yeux.
Une femme dans la foule soupira :" c'est bien dommage de ne pas pourvoir récupérer sa peau". Ce fut tout. Au moins n'était-il pas mort dans la solitude.


Par les temps qui courent


samedi 13 février 2016

que celui qui a des oreilles...

... entende...

La phrase romanesque

Et que dire de plus ? Le vent soufflait par en-dessous et la lune montait dans la flaque, il fallait respirer à l'envers ... ou bien fallait-il être gaucher soudain ?
(Balthazar Forcalquier)

mercredi 10 février 2016

Attention ! Création !


Aïe ! l'art contemporain a encore frappé à Thouars !
On pourrait croire que c'est une protection contre les chutes de pierres sculptées. Mais non ! En voici la preuve 



Il faut remarquer le trou dans le ciel de l'installation. Si c'était une protection, elle ne serait pas trouée ( c'est évident) l'artiste a sans doute voulu signifier que dans une chapelle royale comme celle-ci il n'est pas improbable que dieu envoie des messages. Evidemment les messages ont du poids sinon ce n'est pas dieu.




Par les temps qui courent


Par les temps qui courent


mardi 9 février 2016

Le monde est petit

Quand j'habitais Mexico je vivais là. Je fais "coucou" à la fenêtre mais on ne me voit pas bien.  Mexico c'est la ville du monde où l'on a le plus de voisins, mais il arrive parfois - par les détours cocasses de l'âme - qu'on s'y sente bien seul.

Là c'est un emballage de M&M'S jeté par mon voisin de Mexico quand il était en vacances à Rio, je l'ai bien reconnu alors que je faisais du surf à Biarritz. C'est dingue,hein ?
Depuis, las de ces folies terrestres et absurdes,  je vis en ermite ici
  et ne bois que de l'eau sans rien savoir de ma voisine de palier, pas plus heureux, pas moins non plus .

Par les temps qui courent