Les archives de ce blog sont à voir sur "Sapristi Balthazar over-blog.com"

mercredi 28 septembre 2016

Bach à chaque instant

Elisabeth Schwarzkopf & Kathleen Ferrier "Christe eleison" 


Jésus dans tous ses états

N'y voyez pas un sacrilège. Ceci évoque la vieille question qui secoua tant l'église. Jésus était-il purement divin ? Etait-il humain ?
Ernest Renan et Jacques Duquesne ensuite ont raconté l'émouvante histoire d'un Jésus humain. Voici quelques œuvres étonnantes :
Celle de
s


Peint par Grunwald (XV)  Jésus a des pieds de marcheur usé, lui qui arpenta tant la terre sainte. Huysmans parle d'un "Christ des pauvres", "Ces pieds spongieux et caillés étaient horribles ; la chair bourgeonnait, remontait sur la tête du clou et leurs doigts maudissaient,griffaient presque , avec la corne bleue des ongles, l'ocre du sol, chargé de fer."


Ludwig Krug (XVI e) présente un Jésus avec une solide érection



Maerten Jacobsz  ( fin XVe) représente, lui aussi un Jésus très masculin.

lundi 26 septembre 2016

Le chant du Muezzin







Je suis un né un jour comme les autres, avec des millions d'autres. Rien de plus. Le dernier de la fratrie. Quand elle a su qu'elle était en enceinte de moi, ma mère l'a dit à mon père, lequel a dit « tant pis », ou bien « c'est pas grave ». Bref, rien que de très ordinaire pour un cinquième.

L'amour bien sûr. Mais il fallait aller le chercher entre les gifles. Mais quand même il était là, incompréhensible comme est l'amour.

A quelle forge faut-il, sans cesse, se brûler ?

On allait donc ainsi cahin-caha dans le chahut.

J'ai le souvenir du muezzin au Maroc et j'aime encore ce puissant appel à la prière. Il m'est familier. Il est en moi.

Et aussi le jardin avec ses citronniers.

Sinon quoi ?

La cuisson à feu doux. J'étais trop jeune pour être barbare.


C'était dans les années cinquante, il me semble.

Un jour dans une voiture américaine, je me souviens, c'était une Ford avec un regard doux et un avion en chrome sur le capot, nous avons traversé l'Espagne de Franco ; la guardia civile à chaque carrefour était coiffée de ses bicornes huilés. Et nous passions sans entendre les sanglots des veuves d'anarchistes garrottés Nous passions comme on traverse les vies, de part en part.






Nous sommes arrivés, en France, dans une ville au ciel gris. Un jour un photographe des rues a pris ma mère devant le Monoprix. Elle avait deux sacs lourds dans les mains et un manteau de laine mouillé sur le dos. Ô la tristesse de son regard... Un jour j'ai retrouvé cette photo et je l'ai déchirée.

Il n'est pas facile d'être né, vous le savez bien.

Plus de muezzin dès lors, dans le HLM. Plus de citronnier mais des troènes sales. Et la connaissance des saints martyrs qui s’aèrent de leur palme. Des sandales dans la poussière. Un instituteur en blouse grise qui pliait le texte de sa dictée effrayante. Il s'appelait Fournier. Et une gourde de plastique emplie de sirop de menthe. Et cet ennui qui se tricotait paisiblement.

C'est drôle à dire mais ceci m'a recouvert comme le manteau mouillé de ma mère devant le Monoprix. La tristesse en moins mais l'ennui en plus.

Ma mère achetait toujours des paniers aux manouches avec cet argument : « il faut bien qu'ils vivent. » Moi je continue et aujourd'hui je suis envahi de paniers, ils sont partout, et je n'ai rien de bien utile à mettre dedans !








Un marin en cavale

Les hommes se taisaient
Un silence épais
Capiteux parfum de la mort
Le regard perdu près des grands docks nus
Les rêves et les cités d'or
 




Ce qui ne sert à rien de savoir

Nous supportons chacun environ 5 kg de peau et elle s'étend sur 2 m2.
Nous hébergeons environ 1 à 2 kg de bactéries


et quelque chose comme 34 kg de gras pur.



Cela étant, et dans un autre ordre d'idée, l'Europe vient de traverser 70 ans de paix, cela n'était pas arrivé depuis... la guerre de Troie.


                                

 Et enfin, selon le philosophe  Michel Serres un citoyen ordinaire a un risque sur 10 millions de mourir du terrorisme alors que le risque d'être tué par la chute d'un astéroïde (n') est (que) de 700.000 !


Voilà vous pouvez reprendre une activité normale


dimanche 25 septembre 2016

Trio Joubran une divine soirée




Vendredi dernier le trio Joubran est venu jouer à Thouars dans le cadre du festival " les cordes pincées". Divine soirée d'une finesse de soie. Une soirée qui rendait heureux.

Mahmoud Darwich :
"Vous, qui tenez sur les seuils, entrez
Et prenez avec nous le café arabe.
Vous pourriez vous sentir des humains, comme nous.
Vous, qui tenez sur les seuils,
Sortez de nos matins
Et nous serons rassurés d'être comme vous,
Des humains!"

Ah ! la chasse est ouverte

Il y a des signes qui ne trompent pas.
La preuve ! 








mercredi 21 septembre 2016

Ali Ferzat


A Zaragoza o al charco ! (7)

Nous terminons aujourd'hui ces jours passés en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit  Franco sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit".

"Patriote et raciste sont synonymes : ils portent en eux la même idée de supériorité d'un individu sur l'autre, le même genre de haine qui les dressera l'un contre l'autre au moment choisi par le politicien qu'ils se sont donné pour maître. La société contemporaine est fondée sur la violence, l'injustice et la haine. Ses vertus majeures sont le mensonge, la trahison et l'hypocrisie.(...) Toutes les révolutions ont échoué (...) je vois que la lutte pour le pouvoir continue, âpre et incohérente. (...) Seule une société libertaire peut sauver les hommes."



Antoine Gimenez

mardi 20 septembre 2016

Ali Ferzat


A Zaragoza o al charco ! (6)

Nous passons ces jours en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit  Franco sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit".

" Nous exposons nos idées, nous ne les imposons pas. Nous ne recourons à la violence que lorsque nous y sommes obligés pour défendre notre liberté et celle des êtres qui nous sont chers. (...) Quand, poussé au désespoir, préférant la mort à une vie d'esclave, un camarade se lève : la bombe éclate, le pistolet claque, un roi, un ministre, un président tombent. Et voilà qu'on crie au terrorisme. Non ce ne sont pas nous les terroristes. Les vrais terroristes sont ceux qui, par tous les moyens, veulent garder , à leur seul profit les richesses de la terre.(...) En abolissant la monnaie * on détruit le moyen de corruption qui permet la différenciation des classes sociales. (...) Pour nous un manœuvre a les mêmes droits qu'un ingénieur du moment que chacun donne le fruit de son effort au profit de la collectivité. Chacun produit selon ses possibilités et doit consommer tout ce qui lui est nécessaire."

*Ce fut le cas en Aragon.

http://monde-libertaire.net/

lundi 19 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (5)

Nous passons ces jours en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit  Franco sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". L'un de ses camardes, Mario, expose en mots simples l'idéal anarchiste :

"Pour arriver à la richesse, tous les moyens sont bons : l'assassinat, le vol, la prostitution, l'escroquerie. La société dans laquelle nous vivons aujourd'hui est une jungle alors que nous nous prétendons civilisés.  Nous ne le serons vraiment que lorsque chacun pourra choisir, dans les métiers nécessaires à la collectivité, celui qui lui plaira le plus en sachant que cela lui permettra de vivre sa vie en pleine liberté étant l'égal de tous les autres".







Ali Ferzat


dimanche 18 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (4)

Nous passons ces jours en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit  Franco sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte à propos de Durruti, responsable de milliers de combattants anarchistes :

" Durruti était intransigeant sur la conduite des hommes qui étaient sous sa responsabilité. Il avait fait fusiller le responsable d'une centurie, Carillo, militant de la FAI ( fédération anarchiste ibérique) parce qu'il avait gardé des bijoux qu'il avait offert à sa compagne.  Interrogée elle avait reconnu que Carillo les avaient trouvés chez une personnalité de Barcelone, et au lieu de les remettre au syndicat , avait préféré les lui offrir. La plupart  d'entre nous étaient des êtres simples et honnêtes. Notre  logique admettait le vol comme moyen de lutte sociale, sans pour autant être capables nous-mêmes, de commettre un vol ou de nous approprier quoique ce fût. (...) Il y avait parmi nous des gens de sac et de corde mais presque tous travaillaient, aidant les paysans aux champs ou les artisans de la ville. Carillo fut jugé par les délégués des centuries et condamné à mort. On ne voulait pas chasser les patrons pour que d'autres prennent leur place.L'or, l'argent, les bijoux devaient servir à nous procurer des armes qui manquaient. "


Ali Ferzat



samedi 17 septembre 2016

Testament

Si je meurs ( ce qui reste probable) je veux que CHACUNE et CHACUN dise un mot, ce sera long si vous êtes nombreux, mais il y aura un verre avec des bouteilles de vin derrière le cercueil où l'on pourra s'humecter ( pour ne pas se donner en spectacle ce qui serait insupportable) pendant que le suivant lit son message.
Cela sans église bien sûr.


On écoutera aussi 12 fois chacune mes deux chansons préférées.
 


vous n'êtes pas sortis !
Bien fait ! Tant pis pour vous.
Il ne fallait pas me connaître !

Balthazar


La phrase romanesque



Vous n'avez pas le temps de lire. La phrase romanesque est là pour vous aider. Elle est vite lue et votre imagination fait le reste tout le long de la semaine !

On me demande ce que je fais de mieux... 
C'est boire.
Non ! c'est dormir.
Non ! c'est rêver



vendredi 16 septembre 2016

Balthazar



L'aphorisme de la semaine

Le compte à rebours d'une bombe,
c'est TAC-TIC, TAC-TIC, TAC-TIC...

ça y est : en librairie !






Le dernier bouquin en date de Balthazar Forcalquier "Calibres & Massacre" est en librairie. On y croise notamment  Apache, Riton de la Porte, la librairie le "Brin de Lecture",



Alain l'Antillais, Daniel Fouchereau, l'entreprise Rambault, le restaurant "le Trait d'Union", Bernard et Valérie, Dédé, Benoist Rey, Tedi, Joachim de la Martinière, Gérard Pichot, Robert Sibileau, Philippe Perrein, le Sémaphore,

Geste Editions


Lucas,  l'étiquette, Alain Fouquet, le "Logis de Pompois", Jean-François Mathé ;  



de splendides bouteilles et les cuvées de Nicolas Reau, mais aussi des flacons de Jérôme Bourgeois-Diaz ( champagne) ; des Saumur et des Anjou ( Sylvie Augereau, Bruno Dubois,Thierry Germain, Bruno Richard, Dominique Joseph, Antoine Sanzay) ; un Chinon de Gérard Marula ; les beaux Bordeaux de Christophe Puyo ; et les divins alcools de Gazottes et de Pascal Gabilly, Et le Duhomard !

mercredi 14 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (3) Les femmes (I) ...

 Nous passerons les jours qui viennent en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte  :

"Des conférences sont données.  L'orateur débuta ainsi : " camarades, je demande pardon d'avance à ceux qui seront choqués par ce que je veux vous dire. Le mariage, institution vieilles de plusieurs dizaines de siècles, le mariage, dans sa forme actuelle est le tombeau de l'amour. La femme - selon ce principe - doit servir son mari et maître, cependant que lui se charge de la protéger. La femme est la chose de son époux, elle lui appartient. Dans cette société que nous voulons détruire, le prolétaire se marie souvent pour avoir une bonne le jour, et une femelle la nuit, et pour perpétuer la race des esclaves et des miséreux qui traînent leurs savates sur les chemins du monde. Et ceci pour le plus grand bien des classes dominantes qui nous écrasent.
" Les femmes du peuple, usées par le travail, affaiblies par une nourriture insuffisante, déformées par les grosses trop rapprochées, sont vieilles à trente ans.Oui, je sais, vous vous dites : une fille doit se marier, une femme sans mari est une plante sans feuilles, un arbre sans fruits...Et pour échapper à la tutelle d'un père vous êtes prêtes à vous donner. NON ! Je suis contre les prostitutions, même celles qui sont légalisées par le maire et bénies par le curé (...) Je réclame pour la femme, pour toutes les femmes, les mêmes droits que ceux des hommes. Je réclame pour la moitié de l'humanité le droit à la liberté de l'amour, à la liberté de la maternité."
Antoine Gimenez constate que " le succès de la conférence fut assez mitigé, surtout auprès des hommes les plus âgés."

Ali Ferzat


mardi 13 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (2)

 Nous passerons les jours qui viennent en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte  :
"On organisa des écoles pour ceux qui voulaient apprendre à lire et écrire. Les cours avaient lieu le soir après le travail. Vous pouvez croire que c'était un spectacle étrange et, pourquoi ne pas le dire, émouvant. Ces hommes étaient penchés sur leur livre, attentifs à épeler l'alphabet ou essayant de bien tenir entre leurs doigts calleux le frêle bâtonnet de la plume que le poids de leur main, habituées à manier les lourds outils des champs, écrasait sur le papier. Certains paraissaient très vieux.Le travail de la terre avait durci les mains, voûté les épaules ; la misère avait creusé leurs joues, ridé leur front. Ils n'avaient peut-être plus que quelques années à vivre et pourtant ils venaient tous les soirs après une journée de labeur s'asseoir aux bancs de la classe."




A Zaragoza o al charco !  A Saragosse ou à la mare ! C'est l'expression qui illustre l'opiniâtreté des Aragonais. Elle fut aussi l'un des signes de ralliement des anarchistes durant la guerre d'Espagne. Elle est tirée d'une fable : un Aragonais rencontre sur son chemin un prêtre qui lui demande où il va " A Saragosse" répond le voyageur. " Hum" réplique le prêtre " si Dieu le veut". L'Aragonais  réplique " qu'Il le veuille ou non, je vais à Saragosse !" Alors Dieu offusqué transforme l'homme en grenouille et le jette dans une mare.  Longtemps après Dieu lui rend sa forme humaine et l'homme reprend sa route là où elle avait été interrompue. Il croise de nouveau un curé qui lui demande où il va et l'autre répond : "Voy a Zaragoza o al charco ! "( A Saragosse ou à la mare !) car il ne supporte pas que Dieu le veuille ou pas. Dieu, face à une telle détermination, baisse les bras.
Voilà que ne pouvait que plaire aux anarchistes qui se lancèrent - hélas en vain - à la requête de la ville (1937).

Ali Ferzat


lundi 12 septembre 2016

Bosc


A Zaragoza o al charco ! (1)

A Zaragoza o al charco !  A Saragosse ou à la mare ! C'est l'expression qui illustre l'opiniâtreté des Aragonais. Elle fut aussi l'un des signes de ralliement des anarchistes durant la guerre d'Espagne. Elle est tirée d'une fable : un Aragonais rencontre sur son chemin un prêtre qui lui demande où il va " A Saragosse" répond le voyageur. " Hum" réplique le prêtre " si Dieu le veut". L'Aragonais  réplique " qu'Il le veuille ou non, je vais à Saragosse !" Alors Dieu offusqué transforme l'homme en grenouille et le jette dans une mare.  Longtemps après Dieu lui rend sa forme humaine et l'homme reprend sa route là où elle avait été interrompue. Il croise de nouveau un curé qui lui demande où il va et l'autre répond : "Voy a Zaragoza o al charco ! "( A Saragosse ou à la mare !) car il ne supporte pas que Dieu le veuille ou pas. Dieu, face à une telle détermination, baisse les bras.
Voilà que ne pouvait que plaire aux anarchistes qui se lancèrent - hélas en vain - à la requête de la ville (1937).
Nous passerons les jours qui viennent en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte  :

"Pina de Ebro fut investie sans difficulté majeure (...) les enfants furent les premiers à vraiment fraterniser avec nous, presque tous allaient pieds  nus ou chaussés d'abarcas ( sorte de sandales fabriquées avec des pneus par les parents). Aucun de ceux à qui  nous posâmes la question n'avait chaussé de souliers. Il y avait un magasin de chaussures sur la place de l'église. Le commerçant commença à donner des souliers à un enfant, puis à un autre, et comme il fallait les leur faire essayer, il nous appela à l'aide. Nous fûmes cinq ou six à nous transformer en vendeurs de chaussures et je me souviens qu'on réclamait pour des plus petits une grosse bise et des grands un poignée de main. C'était assez cher pour les petits car nous avions des barbes de trois jours !
" Durruti fit rassembler la population, il dit que la terre appartenait aux gens désormais et qu'ils n'avaient qu'à la travailler ensemble en collectivité, mais que ceux qui préféraient travailler en famille pourraient le faire. Il ajouta aussi que l'argent n'avait plus de valeur"

Durruti, héros anarchiste.



samedi 10 septembre 2016

La phrase romanesque

Que dit la belle au bois dormant au réveil ?
                                                               _  Vite ! pipi !