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lundi 10 juillet 2017

"la route pourtant sans pittoresque qui joint Bressuire à Champdeniers."Gracq

A Secondigny aux marches "des gaies montagnes russes".


 D'abord nous avons filé droit en pensant bien sûr à Julien Gracq qui évoque dans "Les carnet du grand chemin" :" les gaies montagnes russes, toujours humides sous le tunnel des branches entrecroisées, de la route pourtant sans pittoresque qui joint Bressuire à Champdeniers. "

C'est vrai que ce bosselé rectiligne incite à une joie juvénile. Rares sont les routes ainsi tracées avec un tel dédain des courbes. Ce jet est si évident, si net, qu'on n'arrive pas à prendre au sérieux ce chemin qui ouvre les vacances. Il est comme ces enfants qui font semblant de bouder, font les gros yeux et amorcent un sourire par en-dessous. Je connais une autre route semblable, elle relie Agen à Lectoure. Et, pareillement, elle trace sa voie à travers de molles collines, avec une obstination absurde et badine. La lumière file dans cette cocasse coulée et ricoche comme un caillou sur l'eau. Distrayant. Rien ici ne tire à conséquence, pas plus les vaches qui pourlèchent leur veaux goulûment, que les têtards de frênes avec leur plumeau ( leur tire-sève) bien droit dans le ciel, sérieux comme à la parade.

Tout cela est drôle avant-tout.

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